CHAPITRE XVII

Sur ses écrans, Wedge vit les chasseurs du Lusankya replonger dans l’atmosphère de Borleias, puis escorter les derniers transporteurs privés qui décollaient. Parmi eux, un petit yacht modifié emportait Wolam Tser, Tam Elgrin et un jeune garçon nommé Tare. Le général leur souhaita de rester à l’écart des Yuuzhan Vong – pour toujours !

Dans l’embrasure de la porte, Iella attendait. A part Wedge, c’était la dernière personne présente dans le centre opérationnel du complexe de biotique.

— Tu ne peux plus rien faire ici, Wedge. Il est temps de partir.

— Pas tout à fait… Tant qu’il reste une possibilité que les salauds de la Brigade de la Paix se branchent sur nos communications, il est bon de leur faire savoir que je suis toujours là. Ça leur fera se poser des questions… (Il regarda sa femme avec un sourire conciliant.) J’y arriverai. Une navette m’attend.

— Allez, viens !

— Tu y vas ! Maintenant… Ne me force pas à te donner un ordre.

Mariée avec Wedge depuis assez longtemps pour reconnaître les moments où le sens du devoir lui dictait son comportement, Iella soupira. Elle s’approcha de son époux pour un baiser d’adieu.

— Fais attention à toi !

— Toi aussi.

— Je veux que tu sois capable de reprendre ta retraite !

— Je veux la même chose pour toi.

— Je t’aime.

Wedge l’embrassa une deuxième fois.

— Je t’aime aussi. Et j’ai l’intention de te le prouver longtemps.

Il sourit pour cacher l’affreux sentiment qui s’empara de lui : la crainte qu’il n’y ait pas de « longtemps ». Qu’elle le voie aujourd’hui pour la dernière fois…

— Vas-y, maintenant !

Iella sortit de la pièce.

Wedge revint à ses écrans, se forçant à oublier la conversation et son pressentiment. Qu’il s’agisse d’une prémonition en bonne et due forme ou d’une peur ordinaire, il avait un boulot à faire.

Les défenses du complexe de biotique continuaient à s’écrouler. Et les forces aériennes et terrestres des Yuuzhan Vong avançaient comme dans du beurre.

 

Charat Kraal guidait son escadron vers le Domaine Hul. Son villip venait de lui annoncer l’approche du Lusankya… et la présence de Jaina Solo dans son escorte.

Il était désorienté et n’aimait pas ça. Aucun guerrier yuuzhan vong ne supportait cette sensation.

 

La seule réponse adéquate était de tuer.

Les escadrons d’élite qui défendaient le Lusankya combattaient avec une habilité formidable. Czulkang Lah avait ordonné qu’on grave dans la mémoire du vaisseau-monde les dessins que généraient les scarabées-éclairs pour reproduire le déroulement de la bataille.

Il se réjouirait de pouvoir les visionner en boucle.

Les coraux skippers qui s’aventuraient dans la zone de combat en sortaient blessés, épuisés… ou n’en sortaient pas du tout.

A la longue, les détecteurs rapportèrent que les assauts des skips finissaient par payer. Des pilotes de la Nouvelle République succombaient. Le Lusankya tombait littéralement en morceaux. Une énorme quantité d’énergie soutenait ses boucliers, mais ses armes restaient silencieuses, et des pans entiers de blindage étaient arrachés à sa coque par les petits et les gros vaisseaux yuuzhan vong capables de s’approcher assez pour frapper.

 

Wedge quitta le centre au pas de charge. Le bâtiment était secoué par les impacts des canons à plasma. Le vacarme couvrait le bruit de ses bottes sur le sol. Des fragments de plafond se détachant, il dut se protéger la tête d’un bras.

Jusqu’au rez-de-chaussée, il ne rencontra personne, une raison d’éprouver une satisfaction lugubre : nul n’avait fait preuve de plus d’obstination que lui ! En même temps, être le dernier représentant de la Nouvelle République sur Borleias avait quelque chose de dérangeant.

A travers les portes en transpacier, le général vit que les dernières lignes de défense aérienne retardaient encore les attaquants.

Courant maintenant à l’extérieur du complexe, il zigzagua entre les épaves et les cratères. Tout ce qui était apte à voler, évoluait dans l’espace. Les navires trop endommagés avaient été détruits par les ingénieurs. Une sage précaution, même si les Vong, d’habitude, n’étudiaient pas la technologie ennemie.

Aucun appareil fonctionnel ne restait au sol… aucun appareil ? Mais où était donc la navette ?

Wedge avisa soudain une masse de métal en feu dont la forme rappelait une navette de classe Lambda…

Un pilote était mort en l’attendant. Wedge grimaça.

Un autre nom sur la liste qui l’avait poussé à se retirer du service actif, et qui restait gravée dans son cœur.

Le général chassa cette pensée. S’il se laissait aller, il s’ajouterait à sa propre liste dans moins d’une minute.

Un projectile tiré par un canon à plasma heurta le complexe, quelques étages au-dessus, faisant jaillir une pluie mortelle de fragments métalliques.

Passant devant la baie d’amarrage principale, qui ne contenait plus qu’un ascenseur hors d’usage, Wedge sprinta vers le hangar des opérations spéciales, presque intact. Il tapa son code sur le panneau de la porte fermée, espérant qu’il n’était pas piégé.

Non, elle s’ouvrit sans problème.

Un sifflement suivi d’une explosion spectaculaire le força à se retourner. Frappé de plein fouet, le complexe venait de s’écrouler à la manière d’un boxeur qui a reçu le coup de trop.

Après tout, l’affaire se passait comme prévu… Sauf pour Wedge, qui tenta de percer la semi-obscurité qui régnait dans la baie.

Les équipes des opérations spéciales avaient abandonné un landspeeder qui semblait avoir été rôti dans la braise pour servir de gourmandise à un géant métallo-phage. Puis venait un vaisseau tube à moitié achevé – un navire de secours, si un autre avait lâché.

Et… Le cœur de Wedge bondit de joie – une aile X, dans un coin. Aucun astromec n’attendait à côté, mais elle semblait intacte, le cockpit relevé comme pour un salut.

L’extérieur n’était pas des plus reluisants, avec des égratignures et des brûlures un peu partout. Mais le cockpit semblait flambant neuf.

Le général sauta dans l’appareil, l’adrénaline lui redonnant l’énergie d’un jeune homme. Avant même de s’asseoir, il lança la séquence d’activation des systèmes et de diagnostic.

L’écran lui fournit quelques renseignements fondamentaux :

T65-J « aile X », numéro d’identification 103430

Pilote actuel : Koril Bekam, officier des forces spatiales

Désignation actuelle : lune noire onze

Astromec actuel : R2-Z13, « Jack »

— Dommage que tu ne sois pas là pour le départ, Jack.

Sans astromec, Wedge n’aurait accès qu’à une navigation simple, à l’intérieur du système, et il ne pourrait pas calculer d’itinéraires interstellaires.

Mais s’il parvenait à portée de ses forces, il serait sauvé.

A partir du databloc, il envoya son code d’autorisation à l’aile X.

Code inconnu. Procédure d’autorisation interrompue.

Pourtant, le diagnostic affichait des résultats encourageants : parfait état de marche pour l’alimentation, les boucliers, l’armement et la propulsion. Seuls les systèmes de communication et l’informatique ne semblaient pas avoir été entièrement révisés.

Le temps pressait plus que jamais, car un gros navire venait d’atterrir près du hangar.

Wedge chercha dans les fichiers du personnel stockés dans son databloc, trouva l’officier Koril Bekam et transmit son code.

autorisation acceptée.

L’activation des systèmes reprit.

Devant l’entrée de la baie, une vingtaine de guerriers vong couraient en direction de ce qui restait du complexe de biotique.

L’écran technique de l’aile X indiqua que deux moteurs, puis le troisième et le quatrième, étaient prêts, la propulsion et les répulseurs n’attendant qu’un clic. Les voyants des lasers et des boucliers se stabilisèrent sur le vert.

Un Yuuzhan Vong jeta un coup d’œil à l’intérieur du hangar. La vue d’un chasseur sur le point de décoller le surprit. En un éclair, neuf ou dix guerriers l’eurent rejoint.

Wedge les gratifia d’un sourire féroce et les arrosa de rayons laser.

Même réglés sur la plus faible intensité, les tirs d’une aile X étaient destinés à des coques, pas à des personnes. Les Yuuzhan Vong se transformèrent immédiatement en gaz ou plasma…

Tant pis ! Répulseurs et propulseurs en marche, l’aile X s’éleva, sortit de la baie et s’éloigna du bâtiment principal. Par-dessus son épaule, Wedge distingua un transport de troupes vong ovoïde d’où sortait un flot ininterrompu de guerriers.

Wedge survola la jungle. Il devait monter dans l’espace et rejoindre ses forces.

— Lune Noire Onze au Mon Mothma, Lune Noire Onze au Mon Mothma, me recevez-vous ? appela-t-il sur la fréquence générale.

Il capta des communications : Tycho commandant des escadrons de chasseurs, Jaina précisant les cibles des Soleils Jumeaux…

Mais personne ne lui répondit.

— Lune Noire Onze à n’importe qui, répondez, s’il vous plaît !

Rien.

Le général allait devoir se fier à ses instruments et à son instinct pour quitter la planète, avec le risque de foncer vers une horde de coraux skippers.

Bon, c’était ainsi. Il fallait faire avec.

Alors que Wedge tentait d’échapper à l’enfer, il passa devant un petit cargo corellien, un YT-2400 bleu ciel bosselé. Il connaissait ce vaisseau, de fabrication plus récente que le Faucon Millenium, mais néanmoins une épave qui tenait grâce à des rafistolages et à pas mal de mauvaise foi.

Malgré la fumée qui sortait d’un moteur, l’appareil semblait intact. Wedge avait également vu du mouvement à l’intérieur. Il rebroussa chemin.

— Lune Noire Onze, ici le Ammuud Swooper. Répondez, s’il vous plaît.

Volant au-dessus du cargo, Wedge vit des Hommes et des femmes, sur le toit, s’acharner à faire d’ultimes réparations à grands coups de chalumeaux-laser.

— Ammuud Swooper, ici Lune Noire Onze. Me recevez-vous ?

— Difficilement, mais oui. Nous avons des dégâts provoqués par des canons à plasma. La réparation est presque finie, et le décollage sera possible dans deux ou trois minutes. Mais l’ennemi qui nous a tiré dessus est très près, en direction nord-nord-ouest. Pouvez-vous le retenir un peu ?

— Je vais vous procurer vos trois minutes. Mon comlink n’est pas très au point. Si je ne réponds pas à vos appels, ne soyez pas vexés. Lune Noire Onze, terminé.

— Merci, Onze. Ammuud Swooper, terminé.

Wedge partit dans la direction indiquée. Très vite, il repéra l’unité qui avait attaqué le cargo. Avançant dans la jungle, elle comptait une douzaine de Vong à pied, deux douzaines de guerriers-esclaves reptiliens, un corail skipper et un rakamat, apparemment en parfait état. Elancé, il portait à peine la moitié de l’armement de la version plus trapue, mais c’était toujours beaucoup contre un cargo.

Ou contre une aile X.

Pendant qu’il les comptait, Wedge tira quelques salves. Le rakamat riposta tandis que l’infanterie se mettait à couvert.

Le corail skipper vira pour entrer dans la bataille.

Wedge dériva toute la puissance disponible sur les boucliers de l’aile X.

Pour vaincre le dernier rakamat qu’ils avaient rencontré, six ailes X et des explosifs cachés avaient tout juste suffi. Même si celui-là était moitié moins performant, Wedge ne représentait qu’un sixième de la force précédente.

Les chances étaient réduites.

Cela dit, Yan Solo avait persuadé une galaxie entière que les Corelliens se fichaient des calculs de probabilité. Et Wedge n’était pas moins corellien que Yan !

De plus, il trouva une tactique !

Poursuivi par le corail skipper, le général repartit vers le rakamat et fondit à l’oblique sur les troupes à pied. Ses lasers arrosèrent la végétation, qui se transforma en un océan de feu.

Insuffisant, bien sûr, pour arrêter la créature de guerre et le corail skipper, qui continuèrent à bombarder l’aile X de plasma.

A cause de la fumée, Wedge devait se fier à ses instruments pour naviguer. Il descendit au niveau du sol, entendant des grattements sur le ventre de son appareil. De là, il vit le rakamat préparer ses canons pour anéantir le moustique quand il remonterait.

Basculant un commutateur situé dans la rangée supérieure du cockpit, le général fit passer ses stabilisateurs X en configuration de vol simple. Arrivé au centre du feu de forêt, il tira violemment sur le manche à balai.

A un cheveu des pieds du rakamat, son chasseur grimpa de nouveau.

Le flot de plasma s’arrêta. Le « moustique » qui était passé sous ses jambes pour réapparaître de l’autre côté avait désorienté la créature de guerre.

Wedge redéploya ses stabilisateurs.

A ce moment précis, le corail skipper traversa le rideau de feu et vit le rakamat se dresser devant lui. Cédant à la panique, le pilote hésita un instant : devait-il suivre le chemin pris par l’appareil infidèle ou éviter l’obstacle ? Cette indécision signa sa perte. A une vitesse vertigineuse, le skip se planta dans le flanc de l’immense créature.

Wedge ne vit pas la lueur de l’explosion et n’entendit pas l’impact – il s’éloignait trop vite. Aplati, le corail skipper ressortit de l’autre côté du rakamat pour décrire une jolie courbe vers le sol – où il fut avalé par les flammes.

La créature de guerre, coupée en deux, s’écroula lentement.

Wedge exécuta une boucle pour revenir sur le lieu de ses exploits. La raideur inhabituelle de son bras lui apprit qu’il avait serré de toutes ses forces le manche à balai…

— Je ne vais pas le dire, certainement pas…

Je suis trop vieux pour ces conneries…

 

Evoquant une pointe d’aiguille braquée sur le Domaine Hul, le Lusankya était à présent visible à l’œil nu.

Irrité, Czulkang Lah se tourna vers un guerrier qui repositionna l’immense lentille circulaire au centre du plafond de la salle de commandement. Sans cela, l’acuité visuelle de l’ancien maître de guerre n’était plus suffisante pour distinguer les détails. En quelques secondes, la créature reconfigura ses centres de focalisation et produisit une image claire et nette du grand vaisseau ennemi.

Il était endommagé au-delà de l’imaginable. Son enveloppe extérieure déchirée, des pans entiers de blindage arrachés, il faisait penser à une ancienne belle route piétinée par une horde de rakamats équipés de bottes à crampons.

Ses armes se taisaient. Czulkang Lah repéra seulement deux batteries en activité, mais dont les tirs ne semblaient pas précis. En tout cas, ils ne risquaient pas de mettre ses coraux skippers en péril.

Pourtant, des escadrons de chasseurs, concentrés à l’arrière du grand navire, le défendaient avec détermination.

Kasdakh Bhul vint se placer à côté de son supérieur.

— Nos pilotes rapportent que l’abomination appelée Lusankya est presque anéantie. L’absence de réaction indique que la majorité des membres de l’équipage sont morts et que l’essentiel des armes est détruit. L’ennemi ne pourra plus nous nuire avec ses lasers et ses missiles.

Avec soin, Czulkang Lah positionna ses pieds de manière à ne pas perdre l’équilibre au moment de l’impact. Une maladresse qui aurait été inconvenante. Puis il balança son bras. Son armure en crabe vonduun propulsa le membre en avant.

Le poing du commandant suprême percuta l’arrière du casque de Kasdakh Bhul, faisant trébucher le guerrier.

Il se rétablit et se retourna. Czulkang Lah le vit passer de la colère à la surprise.

— Tu vois, mais tu ne comprends pas, dit-il. Ils n’ont jamais eu l’intention de diriger leurs armes contre nous.

— Vraiment ? (Le ton du guerrier était « déraisonnablement raisonnable », une technique de raillerie bien pratique, car on pouvait nier toute intention malveillante, si besoin était.) Alors, il s’agissait simplement d’un sacrifice des infidèles ? Ils nous demandent pardon ? « Désolés d’avoir été méchants. En guise d’excuse, prenez notre meilleure arme. »

— Tu t’embourbes dans ton idiotie ! Je suis fier de ne pas t’avoir formé, car tu serais mon échec le plus humiliant. Ne t’es-tu aperçu de rien ? Ils n’ont jamais protégé leurs armes, mais uniquement leurs moteurs. Cela t’apprend quoi ?

— Qu’ils voulaient amener leur vaisseau ici rapidement ? hasarda Kasdakh Bhul.

— Que leurs moteurs sont leurs armes. Es-tu sûr, derrière ton masque ooglith, d’avoir un cerveau ?

Le guerrier ne releva pas l’insulte, pourtant sans détour.

— Leur intention serait donc de nous percuter ?

— La sagesse, enfin ! Ainsi, même un masque ooglith peut apprendre quand on l’immerge dans le savoir.

— Dans ce cas, nous devons nous assurer que l’abomination ne peut pas manœuvrer de manière à nous percuter.

— Bien vu. Donne les ordres qui s’imposent, masque ooglith.

 

Trois coraux skippers, les seuls survivants de la dernière vague, tournèrent et s’éloignèrent à pleine vitesse.

Ils allaient sûrement rejoindre des renforts et revenir dans une minute. Luke vérifia ses instruments et ses indicateurs. Il avait perdu deux pilotes, et les autres unités étaient passablement amochées.

— Leader Lune Noire à escadron. Nous avons un peu de répit. Pour ceux dont les boucliers sont à plat, c’est le moment de lancer une séquence de redémarrage de l’alimentation.

Le Maître Jedi plaça son appareil derrière et au-dessous des batteries de propulsion bâbord du Lusankya, d’où il bénéficierait d’une vue impeccable sur le vaisseau-monde.

— Y a-t-il des nouvelles dont je devrai avoir connaissance ?

— Lune Noire Onze est réapparu sur le tableau de mission.

Cette annonce venait de Lune Noire Dix, piloté par le lieutenant Ninora Birt, la nouvelle spécialiste en communication de l’escadron. Contrebandière indépendante, elle avait prêté son expertise et son cargo, le Temps Record, à la Nouvelle République. Son vaisseau, à moitié détruit lors de la prise de Borleias, l’avait été entièrement quelques semaines plus tard, quand Coruscant était tombée. Mais elle combattait toujours du bon côté.

Luke vérifia son tableau, qui affichait Lune Noire Onze sur la liste des appareils en activité. Les données de distance et de direction suggéraient que l’aile X était sur Borleias.

— Ce n’est pas possible, affirma Lune Noire Cinq. Koril se prélasse dans une cuve bacta, très loin d’ici. J’ai vu l’équipe médicale l’emmener.

— Ce n’est pas grave, dit Luke. Concentrons-nous sur nos problèmes immédiats.

— Leader Lune Noire, ici leader Soleils Jumeaux.

— Je vous écoute, déesse.

— Sharr a détecté que des vaisseaux de plusieurs unités se regroupent. Ils sont tous à la même distance du Lusankya.

— Préparons-nous à repousser une nouvelle vague d’assaut. Merci, Votre Grandeur Exaltée.

 

Jaina voyait désormais les escadrons ennemis sur ses instruments. Ils étaient nombreux, au moins huit groupes, et les défenseurs du Lusankya perdaient du terrain.

— Une intervention de la déesse s’impose ! Qu’en penses-tu, Sharr ?

— Vos paroles m’électrisent, Votre Grandeur.

— Ne sois pas électrisé au point de saboter la chasse.

— Votre confiance m’électrise…

— Allez, fais ton boulot, Sharr !

— D’accord.

Sharr se tut un long moment, alors que des coraux skippers approchaient de tout côté.

— La mine de basals dovin la plus proche est à bâbord, droit devant, dit-il enfin. La déesse devrait y aller. Piggy, quand les unités ennemies seront-elles à la distance où elles peuvent nous identifier à vue ?

— Dans quarante secondes. Mais si la déesse part vers cette mine, elle passera assez près pour qu’ils la voient.

— C’est noté. J’ajuste la programmation… Leader Soleils Jumeaux, préparez-vous à la chasse. Trois, deux, un – départ !

Un missile jaillit de Soleils Jumeaux Dix, visant le passage le plus large existant entre deux des escadrons vong.

Jaina activa ses commutateurs de signature gravifique et de transpondeur. Son identification, sur le tableau de bord, devint Soleil Jumeaux Neuf pendant que le missile se transformait en Soleil Jumeaux Un.

Les skips, à bâbord, hésitèrent un moment. Puis, quatre escadrons changèrent de cap, convergeant vers le missile.

— Parfait, Sharr, dit Jaina.

Ses manipulations avaient dû activer un programme qui modifiait sa voix, devenue celle d’une femme plus âgée.

— Merci, Neuf. Et j’adore que notre Leader soit partie. Elle est tellement autoritaire !

Kyp interrompit la conversation :

— Attention. Des ennemis arrivent à tribord. Préparez-vous à les repousser. Rompez par vols de protection sur mon ordre – trois, deux, un !

 

Pendant que Beelyath tenait la position dans le vol Dix-Onze-Douze, Sharr se concentra sur ses tableaux spéciaux d’instruments et de communication. Le missile – nom de code Déesse – doté grâce aux prouesses de la biotechnologie de Cilghal de la signature gravifique exacte de l’aile X de Jaina, était équipé d’ordinateurs lui permettant d’accomplir sa mission. Mais Sharr gardait la possibilité de lui envoyer des actualisations prioritaires.

Il appela à l’écran une représentation filaire de l’espace où le missile Déesse et ses poursuivants entraient dans le gisement de basals dovin. En superposition, il vit les distorsions spatiales provoquées par les mines et leur influence gravifique sur l’environnement.

Sharr maintint la vitesse du missile à la valeur standard d’une aile X en croisière, histoire que les coraux skippers s’en approchent. Bien sûr, ils étaient encore trop loin pour l’identifier à l’œil nu et voir qu’il ne s’agissait pas de la vraie Jaina.

Très doués, les pilotes vong gagnaient du terrain plus vite que prévu. Utilisant ses capteurs, plus puissants que ceux du missile, Sharr corrigea la trajectoire de l’engin pour lui faire passer les mines et attirer plus de poursuivants dans son sillage.

Le Spectre perdit de vue toutes les images de ses écrans, puisque Beelyath avait lancé l’aile B dans une vrille qui le plaqua contre son siège malgré l’action des compensateurs d’inertie du chasseur.

— Ça allait ? grogna Beelyath.

— Oui, oui, souffla Sharr. Je n’ai rien senti, je dormais…

Derrière les lignes ennemies 2 - La résistance rebelle
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